Nous, 39 jeunes ayant participé au IIIème Congrès national de l’AJR qui s’est tenu les 3 et 4 décembre 2011, pendant deux jours avons discuté des axes de combats qui doivent être ceux d’une organisation de jeunes révolutionnaires indépendante. Nous avons tout particulièrement entendu les interventions de camarades étrangers présents à ce congrès, ainsi que les messages qui nous sont parvenus d’organisations de jeunes révolutionnaires d’autres pays. Ils nous disent :
En Espagne, « le gouvernement (…) a sorti un décret (…) qui permettra aux entreprises d'embaucher des jeunes de moins de 25 ans, qualifiés, en les payant 66% du salaire minimum (moins 700 euros) soit 426 euros par mois ».
En Roumanie, « selon un rapport, 53,5% des adolescents ont des capacités limitées à lire, écrire et calculer (…). Cette année, 53% des jeunes diplômés sont au chômage, alors que ce taux était de
2,3% en 1991 ».
Au Brésil, « ils veulent en fait faire de nous une génération n'ayant pas droit à un avenir digne, et qui paye une crise que nous n'avons pas créée ».
Aux Etats-Unis, « les deux derniers mois ont vu des mobilisations intenses de centaines de milliers de jeunes et de travailleurs qui sont descendus dans la rue pour dire non aux réductions dans
les services éducatifs et sociaux ».
Le système capitaliste ne propose rien d’autre que la misère et la précarité.
Que veut la jeunesse ? Elle veut vivre. Elle veut pouvoir disposer d’un vrai travail, d’un vrai salaire, d’un vrai logement, de vrais diplômes. Or, il y a un point commun à toutes ces situations : cette société nous prive de toute possibilité d’avoir un vrai avenir. Pourtant, on nous parle de réformer le système capitaliste, de le refonder pour le rendre plus juste.
Que propose le système capitaliste en crise à la jeunesse aujourd’hui ? Il propose le chômage : un jeune français sur quatre, entre 15 et 25 ans, est
aujourd’hui au chômage. Une catégorie dont le nombre grimpe en flèche dans tous les pays de la zone euro. 45 % des jeunes grecs, 49 % des jeunes espagnols sont au chômage. Les jeunes chômeurs
sont aujourd’hui une catégorie en augmentation vertigineuse parallèlement à l’augmentation générale du chômage de toute la classe ouvrière.
- Que propose le système capitaliste ? Il propose la précarité, les « emplois atypiques », c'est-à-dire des petits boulots sans lendemain.
- Que propose le système capitaliste ? Des universités qui, pour les trois quarts d’entre elles en France aujourd’hui sont mises en faillite en conséquence des contre-réformes et de la privatisation.
- Que propose le système capitaliste ? Des diplômes réduits à chiffons de papier comme un baccalauréat qui ne serait plus national mais différent d’une région à l’autre.
- Que propose le système capitaliste ? La misère, la pauvreté, la précarité, l’absence de logement social, le renoncement au droit à la santé.
Nous n’acceptons pas !
Alors la jeunesse, légitimement, se dresse pour dire : nous n’acceptons pas. Nous n’acceptons ni la misère, ni le chômage, ni la précarité. Nous voulons vivre. Un
vrai travail, un vrai salaire, un vrai diplôme, un vrai logement.
Nous sommes aux côtés de ces jeunes tunisiens qui ont chassé Ben Ali, et qui luttent encore aujourd’hui pour que le droit au travail soit reconnu.
Nous sommes aux côtés de ces jeunes grecs qui sont dans la rue pour s’opposer à la politique d’austérité menée par le gouvernement grec, dictée par les institutions internationales.
Nous sommes aux côtés de tous les jeunes, à travers le monde, qui se soulèvent, qui refusent d’accepter. Et nous sommes aux côtés des jeunes en France qui cherchent les voies pour se soulever, dans l’unité avec les travailleurs, pour mettre fin à cette situation.
Et qu’on ne nous parle pas de droits particuliers, différents de ceux du reste de la population. A droite comme à gauche, chacun multiplie les promesses mirifiques pour les élections de 2012. On nous parle de contrats pour les jeunes, de boulots pour les jeunes, de solutions pour les jeunes. Et pour les financer, il faudrait que les travailleurs plus anciens soient sacrifiés. Nous ne voulons pas de « droits » au rabais, opposés à ceux des travailleurs. Les jeunes, comme tous les salariés, veulent des droits égaux, un vrai contrat de travail, un CDI avec un vrai salaire. Toutes les mesures spéciales pour les jeunes ne visent qu’à détruire le droit au travail, le droit au logement, le droit à un véritable avenir. Et à travers la jeunesse, sous prétexte de nouveaux « droits », ils veulent en fait détruire tous les acquis sociaux de la population.
Organisons nous pour le combat !
Nous, délégués au Congrès de l’Alliance des Jeunes Révolutionnaires, nous nous inscrivons dans la préparation du mouvement général de l’ensemble de la population qui,
dans ce pays comme dans tous les pays d’Europe, se dressera inévitablement contre les plans de l’Union européenne, du FMI et de la Banque mondiale.
La jeunesse aspire à être partie prenante d’un mouvement d’ensemble qui imposera le droit à un vrai travail et un vrai salaire, qui rétablira les conditions d’études
convenables au lycée, qui abrogera la réforme des lycées et reviendra sur les dizaines de milliers de suppressions de postes de profs. Un mouvement qui rétablira une université avec de véritables
diplômes abrogeant la réforme LRU.
Oui, la jeunesse aspire à se dresser pour arracher le droit à un véritable avenir, comme l’ont fait les jeunes et les travailleurs en Tunisie, en Egypte, en Grèce et
partout dans le monde. Oui, aujourd’hui, c’est la rupture qui est à l’ordre du jour. Un vrai diplôme, un vrai travail et un vrai salaire, un vrai logement, cela veut dire qu’il faut rompre avec
la politique menée par les gouvernements et les institutions internationales. Rompre avec la dette, rompre avec la subordination à la réduction des déficits publics, rompre avec ce système
capitaliste d’exploitation, d’oppression, de guerres, de misère et de chômage.
L’Alliance des Jeunes Révolutionnaires est un outil de défense de la jeunesse, qui organise le combat sur nos revendications, qui veut en finir avec ce système qui ne nous offre aucun avenir. Nous décidons de faire connaître largement cet appel et de rendre compte auprès tous les jeunes de la discussion que nous avons menée lors de ce Congrès pour ouvrir la perspective d’une véritable organisation de jeunes révolutionnaires dans ce pays.
Comme nous, tu n’acceptes pas le sort qu’on nous réserve.
Comme nous, tu aspires à t’organiser pour combattre.
C’est cela être révolutionnaire.
Organisons-nous, construisons l’Alliance des Jeunes Révolutionnaires.
Rejoins l’AJR pour en finir avec ce système.